CA SNES de l'Académie de Bordeaux ( 28/05/2010) - texte en PDF
La CA académique du SNES réunie le 28 mai à Bordeaux, constate la bonne mobilisation des salariés lors de la journée de lutte pour la défense des retraites. 60 000 manifestants ont défilé en Aquitaine pour exprimer le refus de la réforme Sarkozy des retraites, pour exiger le rétablissement d'une meilleure répartition des richesses. Cela doit faire réfléchir le gouvernement et inciter les organisations syndicales à renforcer la mobilisation dans un cadre unitaire.
La dégradation du contexte économique et social provoquée par la logique de la spéculation financière sert de prétexte au gouvernement pour tenter d'imposer une politique de rigueur et de casse des acquis sociaux. C'est ainsi qu'il tente de faire croire que pour sortir de cette crise il n'existe qu'une seule solution : ponctionner un peu plus l'immense majorité des citoyens et en particulier les salariés sans toucher aux nantis qui continuent de profiter de façon indécente du bouclier fiscal. La réduction des déficits publics, imposée par « les marchés », ne se conçoit que par une réduction des dépenses sociales, la question de la suppression des cadeaux fiscaux n'est même pas abordée. La réforme des retraites présentée comme une nécessité démographique reste dans la même logique, il n'y a aucune remise en cause du partage des richesses alors que la baisse de la part des richesses produites affectée à la rémunération des salariés a provoqué depuis près de 30 ans une aggravation de la situation des plus fragiles.
L'offensive menée contre le système de retraite par répartition a comme principal objectif la baisse du niveau des pensions. La mise en place progressive de la réforme de 2003, avec le principe dévastateur de la décote touche en premier lieu les femmes qui subissent une double inégalité : des rémunérations plus faibles que celles des hommes et des parcours professionnels moins longs qui entraînent des effets immédiats sur leur retraite. Mais comme si ce n'était pas suffisant, c'est l'ensemble des salariés qu'il faut amener progressivement au minimum vieillesse tant qu'il existe. Pour conserver une apparence de justice sociale, le gouvernement tente d'individualiser les retraites, ce qui rendrait chacun responsable de son propre niveau de pension. Au passage on fait un cadeau aux « bancassurances » toujours à la recherche d'épargnants candides.
Le combat mené par le « gouvernement Sarkozy » est bel et bien idéologique, il s'agit de tourner le dos aux principes fondateurs d'une société solidaire qui avaient été proposés par le Conseil National de la Résistance, il s'agit de balayer les acquis sociaux durement gagnés par les luttes syndicales menées par nos aînés et en finir avec les transformations sociales post 68 qui ont permis d'atténuer de multiples inégalités.
Les réformes imposées dans l'éducation nationale, au mépris de tout dialogue social, sont dans la même veine : revenir à une formation minimum pour les enfants des couches populaires et resserrer l'accès aux formations réellement qualifiantes. Les apparences de démocratisation étant sauvegardées par le biais de la discrimination positive type « sciences po ».
C'est parce que nous rejetons ce modèle de société que nous devons continuer à nous mobiliser, à débattre et à diffuser nos analyses et nos projets pour une société plus juste et plus solidaire.
Formation des maîtres
Une délégation de la FSU doit être reçue mardi 1 er juin par le Recteur Nembrini. Ce sera l'occasion, une fois de plus, de montrer notre détermination à nous opposer à la réforme de la formation des maîtres qui a comme objectif la suppression des postes et comme conséquence l'abandon de la formation professionnelle des futurs enseignants.
L'an prochain, les nouveaux stagiaires vont subir un alourdissement de leur temps de service qui transformera profondément leur perception du métier. Leur formation se déroulera principalement sur le terrain avec un seul enseignant référent : le tuteur compagnon. C'en est terminé d'une formation disciplinaire et professionnelle qui alterne théorie et pratique. Il faut donc poursuivre et accentuer les actions menées et principalement le refus du tutorat dans les conditions imposées par le ministère.
La CA de Bordeaux demande au Ministre de renoncer à ce type de formation et réclame le retour à une organisation de la formation des maîtres équilibrée entre la pratique professionnelle, la formation disciplinaire et la formation pédagogique dans le cadre d'un IUFM rénové.
La CA de Bordeaux propose que tous les S1 accueillent les stagiaires et que dès le début de l'année une journée du stagiaire soit organisée au niveau national pour dénoncer la dégradation de la formation et apporter un soutien à nos jeunes collègues.
Collèges
La baisse des moyens, la multiplication des tâches et l'empilement des dispositifs dégradent les conditions de travail en collège. L'imposition du socle commun en est l'exemple. Cette année, seules les validations du B2I (compétence 4) et du niveau A2 (compétence 2) sont exigibles pour l'obtention du DNB 2010. La CA de Bordeaux appelle les collègues à ne pas renseigner l'attestation de maîtrise du socle commun. D'autre part, les chefs d'établissement n'ont pas à se transformer en prescripteurs et à imposer des usines à gaz visant uniquement à tenter de valider leurs propres « compétences » auprès de leur hiérarchie.
La nouvelle épreuve d'histoire des arts ne sera obligatoire qu'à partir de la session 2011. La loi Fillon de 2005 continue de garantir aux enseignants la maîtrise de l'évaluation dans le cadre de la liberté pédagogique.
La CA de Bordeaux exige :
Que l'histoire des arts, qui est un enseignement et non une discipline, ne fasse pas l'objet d'une évaluation trimestrielle, qui minorerait les autres matières du contrôle continu et s'ajouterait à l'évaluation terminale.
Que seuls des travaux réalisés en classe puissent être évalués.
Que les oraux ne soient pas organisés sur le temps de cours.
Que les collègues impliqués dans cet enseignement bénéficient d'un temps de concertation.
En tout état de cause la CA de Bordeaux estime que les conditions actuelles de mise en place de cette épreuve ne permettent pas d'envisager son extension à l'ensemble des élèves de troisième à la rentrée prochaine.
Réforme du lycée
Le SNES continue à dénoncer la mise en place à marche forcée d'une réforme contre l'avis de la majorité des personnels. Il faut être particulièrement vigilant sur le respect des choix offerts aux élèves concernant les enseignements d'exploration (EDE) et veiller à ce que des regroupements, dans une même classe d'élèves ayant choisi certains EDE, n'aboutissent pas à créer des classes de niveau ou de prédétermination.
Nous rappelons que les groupes de compétence en langues vivantes ne sont pas une obligation en dépit des pressions de certains IPR et chefs d'établissement. Ils ne garantissent pas la mise en place de groupes à effectifs réduits indispensables à l'enseignement des langues vivantes. La globalisation des heures de LV1 et de LV2 renvoie à une gestion locale de mise en concurrence des langues vivantes et accentuera les inégalités entre établissements.
Le SNES continuera à dénoncer les conséquences catastrophiques de cette réforme et appelle les collègues à refuser toute tentative d'annualisation des services via l'accompagnement personnalisé et l'utilisation d'HSE pour le rémunérer. Les heures d'accompagnement dues à tous les élèves sont des heures d'enseignement et doivent être intégrées dans les services.
La poursuite de la mise en place de la réforme en première et en terminale va avoir des conséquences catastrophiques et principalement dans la voie technologique. Voie dans laquelle 25 % des enseignements disparaîtront. Les « consultations » sur les programmes de première se déroulent actuellement, les équipes doivent réagir afin de démontrer l'impossibilité de leur mise en place dans des cadres horaires réduits et doivent dénoncer les dérives idéologiques de certains programmes.
CPE
Le SNES dénonce la mise en place de postes à complément de service pour les collègues CPE. La nécessité de connaître dans toutes ses dimensions l'établissement dans lequel ils interviennent rend impossible le partage de leur temps de travail sur deux établissements. C'est nier leurs compétences professionnelles que de proposer une telle organisation des services. Et, encore plus grave, aucune garantie de décharge horaire pour les CPE stagiaires n'a été actée par le rectorat.
La CA de Bordeaux demande l'abandon de ces postes à complément de services et l'engagement d'une quotité horaire de décharge pour les CPE stagiaires. La CA de Bordeaux dénonce d'autre part le remplacement systématique des CPE par des heures d ‘AED ce qui est un mépris affiché pour la qualification professionnelles des CPE et met les établissements en difficulté.
Salaires et conditions de travail
La campagne de refus des heures supplémentaires doit se poursuivre cette année encore. C'est le moyen de mettre en évidence les déficits en terme de postes que subit l'académie de Bordeaux. Notre académie détient le triste record du nombre de vacataires recrutés pour pallier l'insuffisance de titulaires et ce dès le début de l'année. C'est le gouvernement qui est responsable de cette situation en poursuivant sa politique de réduction du nombre de fonctionnaires, - 16 000 dans l'éducation nationale l'an prochain.
La CA de Bordeaux exige que le rectorat réinjecte les 330 postes sortis du mouvement et destinés à l'implantation des stagiaires et rétablisse le potentiel de remplacement afin de faire face aux besoins légitimes des élèves.
La CA de Bordeaux réaffirme son opposition à l'élargissement des zones de remplacement , mesure qui renforce l'incertitude géographique des affectations des TZR et la pénibilité des missions sans améliorer l'efficacité du système de remplacement.
La profession ne peut pas se satisfaire d'une pseudo revalorisation, réservée aux nouveaux recrutés, sur les premiers échelons de leur carrière qui se traduit par une aumône mensuelle de quelques dizaines d'euros.
C'est une véritable revalorisation salariale de la profession qui est nécessaire afin que l'enseignement retrouve son attractivité, notamment dans le cadre de la mastérisation.
La revendication d'une baisse des effectifs par division doit continuer à être portée par le SNES, cette baisse des effectifs est aussi une condition sine qua non d'amélioration des conditions d'études des élèves.
Les premiers jours du mois de septembre 2010 doivent être l'occasion de dénoncer, par un recours à la grève, les conditions désastreuses dans lesquelles va se trouver notre système éducatif. D'ici là il faut mener d'intenses campagnes d'informations vis-à-vis de tous les publics qui doivent connaître nos mandats. Le SNES et la FSU doivent prendre toute leur part dans les débats actuels, faire entendre leur voix et être à l'origine d'actions d'ampleur permettant de construire une société plus solidaire.
Votes : POUR : 32 ; CONTRE : 0 ; ABSTENTION : 0
Vote sur le report du congrès national et des élections internes en février 2012
Votes : POUR : 29 ; CONTRE : 0 ; ABSTENTION : 3
Vote sur l'élection de Sylvia Fabre au Bureau académique en remplacement de Brigitte Solacroup.
Votes : POUR : 30 ; CONTRE : 0 ; ABSTENTION : 2
Motion – CA du 28 mai 2010
La CA académique de Bordeaux apporte son soutien à l'ensemble des collègues en poste à Wallis et Futuna en lutte contre l'arbitraire, l'opacité, la déréglementation dont fait preuve l'administration locale dans la gestion des postes en particulier et du service public d'éducation en général sur ce territoire oublié de la République. La CA académique dénonce les risques de privatisation de certains services publics, le recours à des emplois précaires pour remplacer les postes de titulaires supprimés. La CA demande que le SNES apporte son soutien et l'aide nécessaire à ces collègues en lutte au côté des parents d'élèves de Wallis dans leur légitime combat pour un Service Public d'Education de qualité respectueux des lois nationales, y compris dans les recours juridiques qu'ils ont engagés. La CA de l'académie de Bordeaux demande la publication d'un texte dans l'US.
Votes : POUR : 32 ; CONTRE : 0 ; ABSTENTION : 0