23 janvier 2024

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Modification de la carte des formations technologiques

Modification de la carte des formations technologiques

La série STMG sacrifiée

Le mercredi 17 janvier s’est tenu un groupe de travail sur l’évolution de la carte des formations technologiques, préalablement au CSAA qui devait se tenir le 23 janvier et que la FSU a boycotté en intersyndicale. Dans l’attente de la tenue de celui-ci, le SNES-FSU vous fait part des échanges lors de ce groupe de travail.

La suppression de 6,5 divisions de 1re STMG à la rentrée 2024 est prévue pour coller aux objectifs nationaux selon lesquels les effectifs de cette série ne doivent pas dépasser 50% des effectifs d’élèves scolarisées en voie technologique à l’horizon 2025, directive nationale du plan « rentrée 2021 » que le Rectorat dit avoir tardé à suivre. (Pourtant le taux académique est actuellement de 54,6%, en dessous de la moyenne nationale de 56 % à la rentrée 2022.)
En « compensation », ces fermetures s’accompagnent, sauf en Gironde, de l’ouverture d’une autre voie technologique dans les établissements concernés. C’est oublier qu’il n’y aura pas de vases communicants car les filières service et production sont basées sur des compétences et attentes très différentes.
Le SNES-FSU s’est vivement opposé à la fermeture de ces divisions, dénonçant une politique de gestion de flux, le mépris affiché pour le travail d’orientation effectué par l’ensemble des personnels en lycée et les risques que les élèves, passées à la moulinette d’affelnet, ne soient pas affectées selon leurs voeux.


Modifications de la carte des formations technologiques :

Ces modifications, présentées en groupe de travail, ne seront définitivement validées qu’après le vote en CSAA

En Dordogne :

  • à Maine de Biran, fermeture d’une division de 1re STMG , avec ouverture d’une 1re STI2D supplémentaire ;
  • à Arnaut Daniel, fermeture d’une demi-division de 1re STMG et ouverture d’une demi-division de 1re ST2S.
  • à Périgueux, augmentation d’une demi-division en STL à Jay de Beaufort.

En Gironde :

  • fermetures d’une division de 1re STMG dans la métropole bordelaise, à Victor Louis, Daguin et Condorcet. Ce sont des pertes sèches, pas d’ouverture d’une autre série technologique.
  • Ouverture d’une 1re STI2D supplémentaire à Pape Clément
  • Ouverture d’une 1re ST2S au lycée du Val de l’Eyre

Dans les Landes :

  • fermeture d’une 1re STMG et ouverture d’une 1re STL à Duruy

En Lot-et-Garonne :

  • à Palissy, fermeture d’une division de 1re STMG sur deux et annonce de la fermeture complète de la filière STMG à la rentrée 2025. Ouverture d’une 1re ST2S dans l’établissement.

Les arguments de l’administration

Le Rectorat met en avant une orientation en STMG trop souvent par défaut et non un choix de parcours. Il n’hésite pas à mettre en cause la réalité du travail d’orientation que révélerait selon lui la présence dans certains lycées de 3 ou 4 divisions de STMG.
Pour l’administration, il suffira de faire mieux connaître aux élèves les autres séries technologiques et de mieux les accompagner, pour leur donner l’envie d’y étudier.
C’est aussi la mise en œuvre d’une logique de réseaux d’établissements (mise en échec avec les spécialités de la réforme Blanquer), avec des lycées qui « se colorent » : l’offre serait répartie et « complémentaire » à l’échelle d’un « territoire » dont la géométrie, dans notre académie, est très variable. Les élèves, « motivées et prêtes à la mobilité » formuleront des vœux sur affelnet et un barème fondé sur des notes permettrait de les affecter, sans priorité de secteur.


Analyse du SNES-FSU

Le SNES-FSU se réjouit de la densification de l’offre ST2S/STL/STI2D, mais dénonce la contraction globale de la voie technologique. De 2000 à 2020 en France, elle a perdu 1/3 de ses effectifs, passant de 150 000 à 100 000 élèves. Sur cette période, les effectifs de la filière STMG ont diminué.
La réforme Blanquer en 2019 avait eu comme effet immédiat la baisse de 13 % des effectifs en STI2D, une baisse en STL, et une augmentation en STMG. En effet, avec le choix des spécialités dans la voie générale, elle a, dans ses premières années de mise en œuvre, conduit nombre d’élèves avec un projet scientifique et des résultats fragiles à délaisser les séries STI2D et STL au profit de la voie générale
Après cette entreprise d’assèchement de la filière production, c’est à nouveau la STMG qui est dans le viseur, avec des fermetures de classes. Pourtant une densification de l’offre dans d’autres filières, permettrait d’atteindre l’objectif des 50 % sans suppression !
Dans cette volonté de réduire le nombre d’élèves en STMG, tout rappelle l’évolution de la carte des formations professionnelles marquée par la fermeture ou la réduction de l’offre dans le domaine tertiaire, dans le cadre du plan France 2030 de réindustrialisation de la France, au mépris des difficultés de lycéennes à se déplacer, à quitter l’environnement qui leur est familier. Pourtant les taux d’insertion en emploi des BTS et BUT service, débouchés naturels de ces filières sont bons, et le bassin d’emploi aquitain est plus marqué par le tourisme et le tertiaire que par l’industrie.

Réduire les places c’est aussi faire fi de la fonction de revalorisation sociale de ces sections où 39 % des élèves viennent de milieux sociaux défavorisés, soit deux fois plus qu’en voie générale. C’est particulièrement prégnant en STMG où, à côté d’élèves aux projets motivés d’études courtes dans les domaines de l’administration, du commerce ou de la gestion, s’en trouvent d’autres nécessitant des moyens de remédiation. Les effectifs contingentés en STMG ne permettront plus à ces élèves d’accéder à cette voie de revalorisation sociale dans laquelle on remédiait à leurs difficultés scolaires. Pour les élèves qui seront refusées, par manque de places, en 1re STMG, quelle autre solution à la fin de la 2de ? Le LP tertiaire n’a plus les moyens d’absorber ces flux…. Restera le risque de se noyer en voie générale, où le coût par élève est le plus faible…

Les arguties de l’administration ne doivent pas faire oublier que notre académie est en déficit chronique de professeures des disciplines enseignées en STMG et a recours à des personnels non-titulaires en nombre. Les fermetures de divisions de STMG permettent aussi de récupérer des moyens qui seront redéployés vers les collèges pour faire face au « choc des savoirs ». Les suppressions en STMG permettent donc la résolution d’un problème de ressources humaines et des économies de moyens.

La section académique de Bordeaux du SNES-FSU organise le 4 avril un double stage.

  • La matinée, intitulée « Les trois voies du lycée sous le feu des réformes : enjeux et revendications » sera animée par Claire Guéville, secrétaire nationale en charge du secteur lycée et décryptera les enjeux de cette organisation en trois voies. Elle s’intéressera aussi aux logiques d’orientation.
  • L’après-midi se dédoublera en deux stages distincts, l’un s’intéressant aux enjeux du lycée général et l’autre à la voie technologique et aux BTS (alternance, mixité, évolution de la carte des formations et réformes). Ce dernier sera animé par Eric Boczkowki, responsable national du secteur enseignement technologique au SNES-FSU et Stéphane Wittorski, responsable académique voie techno.

Les inscriptions sont déjà ouvertes en suivant ce lien : https://bordeaux.snes.edu/stage-Lycee-les-trois-voies-du-lycee-sous-le-feu-des-reformes-enjeux-et.html
Merci de préciser lors du commentaire à l’inscription si vous souhaitez vous inscrire l’après-midi au stage voie technologique et BTS.
Ce stage est ouvert aux non syndiquées, faites circuler l’information autour de vous.