Le premier comité de suivi du plan académique pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, adopté en juin 25 et disponible ici, a eu lieu le 13 janvier, en présence du SNES-FSU.
Des référentes et des formateurices égalité professionnelle
Des référentes égalité professionnelle ont été installées dans les différents départements, au nombre de 3 en Gironde et de 2 dans les autres départements de l’académie. Ces personnes sont actuellement en cours de formation et leurs noms seront prochainement communiqués. Leur rôle est d’être des personnes ressources, d’apporter des « réponses de premier niveau ». Le SNES-FSU a demandé communication de leurs lettres de mission comme promis. Il a aussi renouvelé la demande que cette mission entraine la décharge d’autres missions de façon à être menée à bien. Pour l’administration, étoffer les missions est un préalable.
Des formateurices sur les questions d’égalité et de discrimination sont aussi en cours de formation avec la volonté de couvrir à terme l’ensemble de l’académie, au niveau des ZAP. Leur nombre se porte actuellement à 29 (11 en Gironde, 6 dans les Pyrénées Atlantiques, 4 dans les autres départements).
Pour y voir clair sur les inégalités, le livret d’indicateurs bientôt disponible ?
Après des demandes réitérées du SNES-FSU et de la FSU pour que le livret d’indicateurs académiques de l’égalité professionnelle (sur les rémunérations, les carrières) soit actualisé annuellement, l’administration a validé cette proposition plutôt qu’une actualisation tous les deux ans. Le SNES-FSU a insisté sur l’intérêt de la mise à disposition de ce livret à laquelle l’administration n’avait pas pensé !
Les organisations syndicales associées à l’élaboration des questions sur l’égalité dans le QVCT à venir
Le questionnaire relatif aux questions d’égalité professionnelle et de discrimination avait été élaboré puis diffusé dans l’urgence à l’ensemble des personnels au printemps 2025, sans consultation des organisations syndicales. La FSU a redit sa volonté d’être associée à l’élaboration du questionnaire qui sera désormais intégré au QVCT annuel. L’administration a répondu favorablement et les questions seront abordées lors du prochain comité de suivi du 17 mars.
Elargir la formation sur l’égalité professionnelle, une nécessité pour le SNES-FSU
Le SNES-FSU continue à porter la demande que les « publics cibles » du plan de formation académique soient élargis. Il laisse actuellement de côté les AESH et les AED (en majorité des femmes que la précarité expose particulièrement aux inégalités et aux violences), les CPE et les psyEN (corps également très féminisés et qui sont fréquemment dans une situtation d’isolement professionnel avec la particularité pour les CPE d’être en première ligne face aux directions et aux familles). Si l’administration entend nos arguments, elle n’a pas l’intention d’ouvrir plus largement ce plan de formation dans l’immédiat, se concentrant sur les personnels encadrants, les enseignantes et les ATSS. Il intégrera les dimensions suivantes : Égalité professionnelle, catégorisation sociale, stéréotypes, articulation vie professionnelle et vie personnelle, lutte contre les violences, harcèlements et discriminations, communication égalitaire. Pour l’administration, les personnels de direction sont la tête de pont de la formation, ce que nous contestons. L’intégration de cette formation à la formation initiale nous paraît fondamentale pour la bonne compréhension de ce qu’est la posture professionnelle.
Le SNES-FSU a répété son opposition à ce que des formations sur les violences sexistes et sexuelles soient dispensées par le biais de la visio-conférence comme cela a été le cas pour le webinaire consacré aux violences conjugales le 25 novembre. La thématique est en effet bien trop sensible pour pouvoir être suivie sans la possibilité d’être soutenue si le besoin s’en fait sentir et le présentiel est indispensable. Il a également souligné que l’administration se trouve en quelque sorte au milieu du gué : le webinaire du 25 novembre, avec le choix d’une date symbolique, marque la volonté de prendre en charge une question cruciale, pour laquelle la responsabilité de l’employeur est engagée, mais l’horaire (de 12h à 13h) envoie le signal que ce n’est pas suffisamment important pour y consacrer un autre temps que son temps personnel.
Stop discri, quel bilan ?
Le SNES-FSU a aussi fait part de retours négatifs de personnels qui ont saisi le dispositif stop discri et disent ne pas avoir été recontactés ou avoir reçu une réponse laconique. Il est nécessaire de renforcer l’efficacité du dispositif et que l’administration soit en capacité d’expliciter pourquoi les situations, selon elle, n’en relèvent pas. S’il s’agit d’un conflit et non de harcèlement, la personne qui a saisi la cellule doit pouvoir être accompagnée dans la gestion de ce conflit. Le service des ressources humaines comprend que certaines réponses puissent être mal vécues mais considère que le niveau de réponse est adapté à l’estimation de la situation. Les personnels concernés apprécieront ! Lorsque cela le nécessite, les personnes sont rappelées, parfois le jour-même, sont reçues. Le délai maximum serait de 10 jours pour le traitement. Certains cas, seraient difficilement traitables car aucune faute majeure n’est identifiée de part et d’autre. La conseillère techique assistante sociale reconnaît que des situations qui n’entrent pas dans le cadre, peuvent tout de même avoir besoin d’un accompagnement.
Pour aider le SNES-FSU à approfondir son argumentation et à mieux vous défendre, contactez-nous si vous avez saisi le dispositif stop discri. Face à une situation de violence sexiste ou sexuelle, ayez le réflexe de contacter le SNES avant toute saisie de stop discri pour être aidée dans la constitution de votre dossier.
La prise en compte du handicap : l’académie peut mieux faire !
Le SNES-FSU a dénoncé une nouvelle fois le mélange des plans égalité et lutte contre les discriminations car les problématiques sont différentes. Le plan, le dispositif stop discri, conduisent à mettre au même niveau toutes les discriminations, toutes les formes de harcèlement et de violence, invisibilisant ainsi le caractère systémique des violences faites aux femmes.
Sur la question du handicap, le SNES-FSU a toutefois fait part des difficultés de notre académie à prendre en compte le handicap lourd car ses services sont dans l’incapacité de fournir une liste des établissements correspondants aux normes d’accessibilité. Par ailleurs, trop de personnels voient les préconisations de la médecine du travail bafouées par les directions d’établissement. L’administration plaide le principe de réalité et la nécessité que les agentes acceptent des assouplissements des préconisations ou encore des informations non à jour sur l’accessibilité des établissements scolaires. La correspondante handicap a indiqué être en attente de la validation d’un plan handicap pour pouvoir distinguer les problématiques. Selon elle, l’académie de Bordeaux est une de celles avec le plus grand nombre de personnels disposant d’une RQTH et les aménagements de postes sont au nombre de 200 par an environ. L’académie ne disposant pas d’un ergonome du travail, elle fait appel à des associations pour les études de postes.
Dénoncer institutionnellement les violences faites aux femmes
Pour finir, le SNES-FSU a affirmé se tenir à disposition pour accompagner, en lien avec la famille, un projet académique qui viserait à pérenniser un femmage à Lison Méral, collègienne, lycéenne, étudiante dans notre académie, victime d’un féminicide le 1er décembre 2024, comme cela a été évoqué par la référente académique à l’égalité filles - garçons lors du femmage qui lui a été rendu le 8 janvier. Au-delà de Lison, il s’agirait de faire de ce temps un moment de dénonciation des violences systémiques faites aux femmes dans notre société patriarcale. Le patriarcat tue. Le SNES-FSU est engagé dans le combat pour l’éradication des violences. Celle-ci passe par une intensification de la formation, des personnels et des élèves via une mise en œuvre effective et ambitieuse de l’EVARS.
