1er octobre 2026

Actualité

Mobilisation lycéenne : point de situation avec le rectorat et position du SNES-FSU

Mobilisation lycéenne : point de situation avec le rectorat et position du (…)

Les organisations syndicales ont été réunies en urgence ce matin (jeudi 1 octobre 2026) par le recteur car l’ensemble de l’académie est concernée par cette mobilisation. Le SNES-FSU et le SNUEP-FSU ont pu faire entendre leur analyse après l’état des lieux du recteur.

Etat des lieux par le recteur

Des modes d’action différents

Le recteur a commencé par un état des lieux, soulignant la différence entre des mobilisations qu’il qualifie de traditionnelles dans la grande majorité des cas et celles, plus violentes, concentrées actuellement dans la métropole de Bordeaux. La différence est frappante entre des barrages filtrants ou des tentatives de blocus avortées et des scènes de violence dans la métropole mettant en danger des lycéennes, des personnels et parfois la population. Il y a également eu plusieurs dégradations d’établissement. Une cellule de crise rectorat, préfecture, région, est activée.

Garder les lycées ouverts autant que possible

Le recteur s’est rendu hier dans deux lycées de la métropole, un communiqué de presse conjoint avec la préfète de région a été diffusé. Aucun apaisement n’est constaté. Plusieurs lycées sont fermés aujourd’hui ou évacués mais le recteur souhaite que ces décisions interviennent en dernier recours, lorsque la sécurité des élèves et des personnels n’est pas assurée. Tant que la sécurité est assurée, les élèves sont davantage en sûreté dans les lycées que dans la rue.

Le désarroi du rectorat

Le rectorat laisse entendre une forme de désarroi devant la situation : un conseil académique de la vie lycéenne est convoqué ce jeudi 1 octobre mais les représentantes de cette année scolaire n’ayant pas encore été élues, seules 4 lycéennes y assisteront… Ses marges de manœuvre pour répondre à la colère qui s’exprime sont quasi nulles. Le recteur fait le constat que les tentatives de dialogue amorcées par des directions ont été un échec, face à des jeunes identifiées comme leaders qui n’exprimaient pas de revendications, qu’aucune demande d’audience de la part des lycéennes n’est parvenue au rectorat. Il n’y a pas d’interlocuteurice.


La position du SNES-FSU

La condamnation de toutes les violences

Le SNES-FSU a souligné l’ampleur du mouvement lycéen en cours, la rapidité inédite de sa propagation et de sa bascule dans la violence. Si les réseaux sociaux peuvent expliquer la diffusion, ils n’expliquent pas la violence constatée. En revanche, la situation sociale très dégradée de nombreuses familles à laquelle se sont ajoutées les températures très élevées tout l’été et jusqu’à ces derniers jours, invivables dans certains logements, produisent sans doute un effet cocotte-minute se traduisant pour certaines par l’expression de la violence. Le communiqué national condamnant celle-ci a été rappelé. Le SNES-FSU a dit son espoir que notre académie ne soit pas confrontée à la violence policière que d’autres connaissent actuellement et que les réponses restent proportionnées. Le recteur a confirmé que les forces de l’ordre étaient dans cette optique.

Des revendications partagées, se tenir aux côtés des élèves

Le SNES-FSU a rappelé que sa position n’est pas de souffler sur les braises de la contestation lycéenne mais de participer à sa canalisation en étant aux côtés des élèves, tant que cela restait possible, pour observer, sécuriser le mouvement dans la mesure où nombre de revendications affichées sont aussi les siennes depuis de nombreuses années : le manque de personnels, la pression du contrôle continu, parcoursup, l’état du bâti scolaire, la répression avant l’éducation.
Dans tous les cas, le SNES-FSU ne cautionne en rien la violence, d’où qu’elle provienne et a rappelé que la majorité des lycéennes de l’académie revendiquaient tout à fait pacifiquement. La grande concertation annoncée par le ministre sera inutile si elle ne débouche pas sur des réponses fortes en termes de moyens. Par exemple, comme le SNES-FSU le répète dans les instances académiques, le public des lycées a changé, les élèves ont besoin d’un accompagnement renforcé et les effectifs ne sont plus tenables.

Renouer le dialogue, ne pas jouer le pourrissement

Le SNUEP-FSU, également présent, a souligné que, pour beaucoup d’élèves, le dialogue avec les figures d’autorité que représentent les directions d’établissement ou le recteur ne fait pas partie de la culture et que c’est une démarche difficile à mettre en œuvre, qui plus est au climax de la mobilisation, tant peut être fort pour certaines le rejet de l’institution. La dimension sociologique est à prendre en compte et ce n’est pas parce que les revendications ne s’expriment pas, ou s’expriment mal, qu’elles n’existent pas.
Le SNES-FSU a conclu en disant son inquiétude de l’escalade avec la journée du 6 octobre en perspective. La temporalité faisant que les CVL ne sont pas efficients pour ouvrir le dialogue, il a fait la proposition de temps banalisé pour permettre l’expression lycéenne et rétablir le dialogue. Il a souligné le risque de jouer le pourrissement compte tenu du caractère inflammable de la société à l’heure actuelle et du fait qu’il y a, dans les actions violentes, des personnes qui ne sont pas des lycéennes, ce que le recteur a confirmé.


Les sections nationales du SNES-FSU, du SNUEP-FSU et du SNEP-FSU ont publié ce jeudi 1er octobre un nouveau communiqué appelant à se tenir aux côtés des lycéennes pour garantir leur droit à manifester, leur droit d’expression et préserver un contexte serein pour les mobilisations. Il appelle aussi le gouvernement à apporter des réponses nationales concrètes aux revendications portant sur les politiques budgétaire et éducative.
Un préavis de grève est déposé pour couvrir les personnels qui se mettraient en grève en vue d’accompagner leurs élèves.

La section académique du SNES-FSU exprime tout son soutien aux élèves et personnels victimes ou témoins de violence au cours de ces derniers jours.

La section académique vous remercie de lui faire parvenir toutes les informations que vous jugerez utiles sur l’évolution du mouvement à l’adresse permanence@bordeaux.snes.edu